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Marylou

 

C’est beau les femmes. En robes. En robes légères. Je veux sentir leurs mains sur mon corps. Ouais… Tout commence toujours par une des ces histoires là. A vouloir se sentir aimé.

Je veux saisir le regard d'une fille par dessous ses cheveux et visage mouillés, et je veux caresser des fesses dorées, aussi.

Dans le sud profond, les nuits d’été sont chaudes. C’était bien un mariage, une veillée. Dans le bayou et sous la lune tout ce monde faisait la fête. J’étais resté assez tranquille dans mon coin à picoler sec. Avec ma bouteille de bourbon appuyé contre un arbre, la cigarette au bec, dans un coin sombre, c’était tout.

L’orchestre en fond, sous la lune. Je reluquais les filles. L’air était chaud, plutôt humide. C’était la grande soirée de l’année. Les filles étaient bien les plus belles gosses que j’ai vu. Avec leur fines robes à bretelles. Elles me faisaient penser à des fleurs… Ce que je peux dire c’est qu’elles étaient minces, fraîches…

Je n’étais pas trop aimé dans le coin. Normal. J’y était né mais ma mère était une étrangère. Une saleté d’espingos. Je ne savait pas ce que je foutais là. Où plutôt je savais, je me frappais la tête au bourbon.

Je rêvait de m’asseoir à coté d'une beauté, près du marais calme. Je ne savais pas encore…

Marilou Dahoney s’approcha de mon coin sombre. Tout près, tout à coté. Juste là. Elle avait réussit à échapper a la double garde de ses frères et de ses prétendants. Je célébrais l’exploit silencieusement. Elle sentit ma présence, et resta un moment à me fixer. Du sang froid, pas une émotion.

Je lui fit un signe de tête. Elle sembla hésiter prête à fuir, mais elle s’avança jusqu’à me rejoindre dans l’ombre.

" - J’essaie d’échapper à la foule, et vous êtes là.

- Ouais et j’y étais le premier.
- Qu’importe, vous êtes là.
- Vos prétendant sont nombreux. Je lui tendit la bouteille. Voyez, John Ferling et Lee Deer vous recherchent sur la piste. Quand à vos frères ils ont l’air furieux de vous avoir perdu.

- Ca leur apprendra. Elle avait accepté la bouteille et avalée une bonne gorgée. Elle éclusait pas mal pour une môme de 15 ans. Elle me regarda d’un air de méfiant. Et que nous vaut votre présence ici?

- J’ai du quitter Denver. Vol de voiture, et puis de toute façon j’aime bouger.
- Et aimer bouger vous amène parfois dans une prison…

- Ben ouais. Je lui tendit la bouteille à nouveau.

- Elle renversa sa tête en arrière et bu une gorgée. Sans aucun doute elle était belle. Et sa beauté n’était pas seulement dû a son âge. Ses yeux étaient châtains, ses yeux verts et brillants. Sa peau semblait douce et chaude. Elle était mince mais pas maigre et d’après ses formes il était incontestable que ce n’était plus une enfant.
- Ici on aime pas trop les étrangers.
- Les gens d’ici n’aiment pas grand chose…
- Vous avez raison.

Je l’entraînai lentement là ou je voulais, lentement…Je pensais à ce que je voulais faire...

Jouer avec l'attache de son corsage, sur son épaule, embrasser cette épaule, la culotte viendrais mais plus tard.

Sentir son souffle dans mon coup, écarter ses cheveux pour tendrement baiser son cou. Puis, tout en l’embrassant, écarter la bretelle de sa robe et dégager un sein rond, frais et ferme, quasiment divin.

Lécher doucement le téton, du bout de la langue, tendrement avec la lune pour témoin, prés des frais roseaux.

Nous avons fais l’amour en effet. Tout près du bal, derrière la grange du père Grégory. Ses frères me chercheront dès demain pour me faire la peau, et pas que ses frères, je gage.

Mais je serais loin. Je tiens à ma peau.

Je reviendrais peut être un jour. Elle sera vieille et mariée et je serais trop vieux pour tout ça. Je la regarderais de loin faire des tartes pour ses enfant, au travers d’une fenêtre sale. Je ferais tout de même attention car les mémoires ne sont pas courtes dans le coin…

Mais cette nuit je suis le roi. Notre union, scellé par la lune, les reptiles du marais et le baudet du père Gregory est sacré.

Ouais. Mais ses putains de frères me le pardonneront jamais.

Au petit jour ou même avant je partirais. Je retournerais même à Denver, peut être, bien que ce ne soit pas un très très bonne idée.

Son parfum me manque déjà alors que je suis en train de la prendre sous la lune, dans le frais.

Dans une vieille caisse qu’il faudra que j’emprunte, je me taillerais bien vite.

Elle roulera bien. Je n’aurais plus que ça au monde, ma vieille bagnole pourri et son souvenir.

Mais la route est longue, j’aurais à rouler longtemps et il me faudra piquer des cigarettes dans les stations service. J'aurais au moins 5$ pour l'essence, pas mal, non?

Ouais et les cigarettes, cool. En évitant les flics tout ira bien.

Je prendrais des vieux, clodos en stop pour partager l'essence, en pensant au bal du père Grégory et son feu… Et son visage.

J'avais eu du bol, ouais pour sur, la plus belle fille du pays. Quinze ans a peine, mais quelle femme déjà! Ouais !

Une fraîcheur dans la cuisse, je vous dit pas!

Peut être le Mexique! ouais! Ouais ! On peut faire fortune au Mexique.

Et le Mexique c’est pas un problème pour un jeune gars comme moi.

En se débrouillant bien et en revendant de l'hero à Mexico City, le paradis des tox, je serais le roi.

Elle a brisé mon cœur, peut être bien, la fille Dohaney! La plus belle fille du pays. Et au milieu de la nuit je me réveillerais, droit dans le lit, raide de sueur, brusquement en voyant son visage. Ouais seulement ses yeux pour commencer puis son visage. Je rêverais sans doute de baigner a poil avec elle, et je serais raide dingue à vouloir lui caresser les fesse dans l'eau…

Un samedi d'été ou j’avais un peu picolé et où j’avais bien faillit me faire mordre par le plomb d’une bonne vieille grosse pétoire, où peser de tout mon poids sur la branche d’un arbre. Il sont violents, je dois me tirer.

Tant les Dohanneys sont respectés dans le pays, tant on aime peu les espingos.

Risquer ma peau, pour cette fille. Ouais, mais même le souvenir de Marylou Dohanney quelque chose.

Je reviendrais sûrement jamais. Je l’épouserais. Ouais, si je pouvais. Je marcherais pieds nus, sous la pluie, et dans le vent, je cueillerais du coton ou des pommes. Ce sera dur, mais pour survivre et atteindre Mexico City et son blues. Où je pourrais enfin vendre de l'herbe et de l'héro. Et j'aurais un petit champ de pavot aussi, mais pas de quoi fouetter une mouche. Pour la salade, et pour faire revenir, dans les haricots rouges. Yeah, je danserais nu défoncé dans mon champs, les jours d'orage même, en me nourrissant de crevettes. Oui, je boufferai des crevettes. La vrai vie quoi et je penserai à Marylou en écoutant du blues. J'enfermerai un squelette dans mes wc, pour pas qu’il vienne me hanter ces soir là, obligé... Et le diable me tendra des roses tandis que la Venus de Milo retiendra sa main en criant pitié pour moi! Le diable aura des lunette noire, et du rouge aux lèvres, mais ça ne cachera en rien sa peau rouge ignoble et boursouflée. Mais je serai plus défoncé que lui. J’arriverais même, à la fin peut être à lui botter le cul. Ouais. Et il ne me détournera pas de Marylou Dohanney…

J'aimerai dormir un peu avant le boulot, me pointer a un coin de rue et attendre les camés célestes descendre. Descendre de la ville à la recherche de doses. Héro la plus pure et la plus douce, mais pas plus douce Marylou ; tétons aux goût sucrés, fesses sentant la vanille.

Je traverserai les rivières, et écarterai les villes de ma défoncé divine, et d’un replis de mon esprit raide. D'un coup d’accélérateur amphétaminé. Ouais.

Aucune ville n'approche de près ou de loin ma folie, un magnolia en cocon dans la tête me poussant toujours plus loin. Et les ptit gars du klan ne m'auront pas, j'ouvrirai les portes en grand, ptet bien.

Mais le reste ne regarde que moi et marylou.

L'ombre m'apportera son aide, et je la peloterai dans la voiture. Au bord de la route nous ferons longuement l'amour, et ce sera le pied.

Et ce sera le pied, enfin…



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